Mesereau le juste

Publié le par Richard Lecocq

Samedi, nos amis du site PositivelyMichael.com ont organisé un chat avec Thomas Meserau. J’étais invité à participer à cet événement et à poser quelques questions à cet avocat qui a sauvé la vie de Michael Jackson en 2005. Cette conversation fut bien entendu très intéressante.

 

Mr. Mesereau nous a rappelé qu’en 2005, non seulement MJ fut acquitté dans le cadre de l’affaire Arvizo, mais il fut également blanchi de toutes les accusations datant de 1993. En présentant des éléments et des témoins liés à ce premier dossier devant le tribunal de Santa Maria, le procureur Thomas Sneddon, dans sa quête aveugle de victoire et de reconnaissance, a en fait offert à Michael Jackson un double acquittement. Voilà sans aucun doute le meilleur deal de l’histoire offert par un homme dont la stupidité n’a d’égal que les nombreux vices de procédures qui ont entaché les dossiers qu’il a pu gérer.

 

J’ai demandé à Mesereau si lui aussi pensait que Michael Jackson ne s’était jamais remis de ce long procès. Non seulement le Roi de la Pop avait gardé en lui une blessure dont on ne guérit pas, mais le comté lui était devenu hostile. Sneddon était vaincu et battu (et aucune procédure en appel ne fut engagée) mais restait décidé à surveiller les entrées et sorties des jeunes visiteurs du ranch Neverland. Au-delà du traumatisme de la violente perquisition effectuée par la police en novembre 2003, Michael Jackson ne pouvait tout simplement plus rester dans la demeure qu’il avait créée pour lui mais aussi pour les enfants désoeuvrés. Il n’était définitivement plus le bienvenu dans son comté d’adoption.

 

J’ai également demandé à Mr Mesereau quelle était selon lui la responsabilité d’AEG dans le décès tragique de Michael Jackson. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas s’avancer sur cette question à partir des éléments disponibles pour le moment. Situation frustrante… Comment ne pas penser que les dirigeants d’AEG n’ont vu que leur intérêt au point, par exemple, de vouloir mettre ces concerts sur les rails au plus vite sans régler les lourdes questions d’assurances (seuls les premiers concerts étaient couverts). Mesereau est un homme de loi, avec la rigueur qui va avec. Il ne parlera donc que de ce qu’il connaît.

 

Pour le moment, il confirme que le procureur David Walgren a effectué un travail remarquable en démontant les thèses préparées par les avocats de Murray. Et oui, nous sommes bien tous d’accord, les enregistrements et photos montrés devant la cour et largement diffusés dans les média sont choquants. Mais ils servent un objectif primordial : humaniser Michael Jackson, un homme debout sur scène le 24 juin au soir, en train de préparer son comeback, terrassé le lendemain matin par une surdose de Propofol. Ces documents sont durs, mais ils traduisent une triste réalité. Et au final, ce sont surement les paroles des journalistes tabloid Diane Dimond et autres Nancy Grace, voire les mots de certains fans de MJ qui ne voient en l’homme qu’une idole à plein temps ou une machine à inédits qui sont les plus insultantes. Les photos de Michael Jackson prises à l’hôpital et les messages retrouvés sur l’iPhone du Dr Murray auraient du être présentés aux jurés uniquement, et pas aux médias (et donc toute la planète). Voilà, selon Mesereau, l’erreur commise jusqu’à présent par Walgren et son équipe. Dans l’affaire O.J. Simpson, les photos de la victime sont restées à l’abri, loin des journalistes. Mais comme je l’ai expliqué il y a quelques jours, les standards de la décence sont assortis d’un drôle d’avenant dès qu’il s’agit de Michael Jackson.

 

Le procureur Walgren est sur le point de clôturer sa défense. Nous allons ensuite découvrir celle des avocats de Murray. Parmi leurs témoins, on annonce la sulfureuse Karen Faye, qui assurait aux fans présents aux alentours du Staples Center et de Holmby Hills que « tout allait bien » quelques jours, voire quelques heures, avant ce fatal 25 juin 2009. La même Karen Faye qui facturait 5000 $ par jour ses prestations de maquilleuse ou qui avait indirectement vendu à TMZ des photos prises à l’intérieur du mausolée du Roi de la Pop pour un montant de 150 000 $. Dans la cour du Roi, aucun pion n’est blanc ou noir, qu’on se le dise. Le cirque continue…

 

 

Richard Lecocq

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