Cuisine et dépendance (03 octobre 2011)

Publié le par Richard Lecocq

A l’aube de la seconde semaine du procès Murray, l’impression de gâchis et de colère qui planait avant le début des audiences à présent se renforcer, comme si les premiers témoignages donnent des visages et des paroles à cette tragédie qui a coûté la vie de Michael Jackson.

 

Murray semble bien avoir brillé pour son incompétence tout en se montrant meilleur comptable ou négociateur. Quelques questions guidées par le bon sens ne cessent à présent de marquer les esprits : qui a déjà vu un cardiologue incapable de pratiquer un massage cardiaque correctement ? Quel degré de panique a poussé Murray a cacher les flacons et autres preuves avant l’arrivée des urgentistes ? Pourquoi s’est il entêté à vouloir ranimer Jackson, alors que les appareils des urgentistes indiquaient bien que Michael Jackson avait déjà cessé de vivre ?

 

Murray avait bien compris que la situation était irrécupérable et désespérée. Michael Jackson aurait bel et bien pu être sauvé avec une série de « si » qui ne sont jamais arrivés… par la faute de ce médecin. Mais dans cette demeure située au 100 North Carolwood Drive, les faits et gestes de certains occupants semblent appartenir à une autre dimension : jeudi dernier, la cuisinière privée de Jackson, Kai Chase, a livré un témoignage plein de respect et d’admiration pour son ancien patron. Oui, Jackson mangeait sainement. Oui, elle était heureuse de s’occuper de lui et de sa famille. Mais le matin du 25 juin, alors que Murray, pris de panique, se rue vers la cuisine en criant : « appelez de l’aide ! appelez la sécurité ! appelez Prince !» Chase s’est contentée de trouver le jeune adolescent avant de continuer de préparer les repas de la maison… Les avocats de Murray n’ont pas manqué – et ils ont eu raison – de pointer cette drôle d’attitude. Chase, qui a aussi reconnu avoir été payée pour donner des interviews depuis juin 2009 (et elle a aussi songé publier un livre de recettes spécial Michael Jackson) s’est défendue en disant qu’elle a « fait ce qu’on lui a dit de faire »… Chacun se demandera de la façon la plus objective ce qu’il aurait fait si un médecin lui demandait une aide immédiate : appeler le personnel de sécurité situé à l’extérieur dans un Algeco, ou demander à un enfant de 12 ans de faire le nécessaire ?

 

Kai Chase est assez représentative de ces « yes men » qui ont gravité autour de MJ pendant de longues années : pas méchante dans le fond, mais malheureusement encrée dans un suivisme qui consiste à ne jamais contester l’ordre établi dans une maison comme celle de Michael Jackson. C’était, malheureusement, le lot de beaucoup des employés du Roi de la Pop qui ne voulaient pas être évincés. Et oser dire les choses ou agir de façon frontale, sans se contenter de suivre les ordres, était une vraie prise de risque vitale en cette matinée du 25 juin. Mais aujourd’hui, c’est toujours facile de tenter de dire les choses et de revenir sur un calendrier que personne n’a su renverser. Jusqu’à la dernière minute, le Roi de la Pop, comme un certain Elvis Presley, était entouré d’une équipe de bras cassés grassement rémunérés…

 



Richard Lecocq

 

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